8 personnes tuées à Atlanta dans l’attaque d’un suprématiste blanc : un meurtre motivé par une haine raciale

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Ce mardi soir, 8 personnes dont 6 femmes d’origine asiatique ont été tuées par balles dans trois salons de massage de la région d’Atlanta aux États-Unis. Une attaque ciblant visiblement une communauté ethnique. Pourtant, les médias peinent encore à trouver les mots justes…

Une attaque sexiste et raciste

Les attaques commencent vers 17h. Robert Aaron Long, un homme blanc de 21 ans, a ouvert le feu dans un salon de massage. Plus tard, il enchaînera 2 nouvelles fusillades qui totaliseront 8 morts dont 6 femmes asiatiques. Lors d’une conférence de presse, le porte-parole du shérif, Jay Baker trouvera pertinent de justifier les actes de l’accusé comme tel : « C’est une tentation pour lui qu’il a voulu éliminer. Il en avait assez et il était à bout, et hier a été une très mauvaise journée pour lui, voilà ce qu’il a fait. »

Robert Aaron Long / AFP

Notons qu’en matière de reconnaissance du racisme, Jay Baker ne fait pas office d’expert. Des images d’un contenu qu’il aurait partagé en ligne ont été retrouvées, sur lesquelles il fait la promotion d’un t-shirt sur lequel il est écrit « covid-19, virus importé de Chine ». Une rhétorique qui n’est pas sans rappeler celle de l’ancien président Donald Trump, qui faisait régulièrement référence au coronavirus comme « le virus chinois ». 

En garde à vue, le jeune homme a assuré avoir un problème « d’addiction sexuelle« . 

Lors des derniers interrogatoires, l’accusé, Robert Aaron Long, fervent chrétien adepte des armes à feu, a reconnu les faits mais a nié tout mobile raciste. Il s’explique en se présentant comme un « obsédé sexuel désireux de supprimer une tentation ». Les investigateurs estiment « qu’il est trop tôt pour écarter définitivement la piste raciste » et poursuivent leur investigation.

En se plongeant dans l’histoire et la réalité des dominations, on se rend pourtant compte que racisme et hyper sexualisation sont pourtant factuellement liés dans les esprits des suprémacistes blancs

L’hyper sexualisation est raciste

Racisme, obsession sexuelle et sexisme ont toujours été un trio inséparable. De tout temps, les femmes racisées ont été la cible d’une hyper sexualisation par les colonisateurs blancs. Lors de la colonisation, les territoires colonisés sont des terrains de jeux sexuels pour les colons. 

Plus tard, l’occident entretiendra bon nombre de clichés exotisés des femmes racisées, dépeintes comme des objets sexuels. C’est-ce que raconte l’autrice Grâce Ly à Brut : « On me demandait si j’étais masseuse ou prostituée, combien ça coûtait. Il y avait cette image d’une femme asiatique au service de l’homme ».

Dès lors, racisme et sexisme sont intrinsèquement liés pour les femmes racisées. Il s’agit bien d’une double domination.

Racisme anti-asiatique

« Le suprémacisme blanc nous tue, vraiment« , explique Stephanie Cho, de l’organisation Asian Americans Advancing Justice d’Atlanta, partagée entre « la colère et l’angoisse » depuis l’attaque. 

Depuis le début de la pandémie, la communauté asiatique des États-Unis alertait sur la flambée du racisme envers leur ethnie, entretenu par les propos de Donald Trump.

L’association antiraciste Stop AAPI Hate a rapporté avoir recensé plus de 3.800 incidents de cette nature au cours de l’année écoulée. En 2020, les plaintes pour « crime raciste » par des Américains asiatiques auprès de la police ont boudi de près de 150%.

Selon les enquêteurs, le criminel souhaitait ensuite se rendre en Floride pour s’en prendre à un établissement « lié à l’industrie porno », mais la police a mis un terme à sa virée meurtrière grâce à des caméras de surveillance et l’aide de sa famille.

« Personne n’ a pris la peine de parler de la façon dont le sexisme opère à la fois indépendamment du racisme et simultanément à celui-ci pour nous opprimer. »

Bell Hooks