Ces mecs de séries ultra-toxiques qu’on a envie de fracasser

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Les scénaristes de nos séries favorites l’ont bien compris : plus une relation est toxique, plus elle nous tient en haleine. C’est pourquoi, sans surprise, une grosse majorité de personnages masculins sont tout simplement des clichés de sexisme qu’on a envie de fracasser. Petite liste non-exhaustive.

Ross Geller de Friends

La série berce encore et toujours les journées pluvieuses et reste assurément notre madeleine de Proust. Mais… on ne peut s’empêcher de cringe un peu sur certaines vannes pour le moins datées. Entre grossophobie, homophobie et sexisme latents, la série comporte un certain nombre de problématiques reflétant son époque. Mais s’il y a bien un personnage que je n’ai pas envie de pardonner, c’est Ross Geller. Dès le début de la série, l’entendre chouiner sur l’homosexualité de sa femme donne envie de l’encastrer. Par la suite, il considérera la nouvelle compagne de son ex-femme comme une rivale tout le long de la série. Il semblerait que le génie de la famille Geller n’ait pas tout à fait saisi les implications de l’homosexualité. T’es plus dans la course, Ross, get over it.

Et j’ai encore suffisamment de raisons pour le détester que j’ai de quoi en écrire un mémoire. Premièrement, son admiration pour Rachel est franchement dérangeante. A l’Université, Môsieur le futur doctorant crée par exemple un club de « ceux qui détestent Rachel ». Sans doute pour compenser son désir inassouvi. Vous avez dit incel ? Une fois en couple avec sa cible de longue date, il ne manquera pas de continuer à se rendre insupportable. Il chouine sur le fait qu’elle travaille trop ou est malade de jalousie à l’approche de n’importe quel collègue masculin. 

Tout le long de la série, Ross dégage un virilité toxique et une absence totale de confiance en soi. Il en use tellement qu’on oublie d’avoir de la peine pour lui. Le « fils préféré à sa maman » est, de surcroit, un enfoiré sexiste. Et oui, on a laissé notre langue de bois à côté de la machine à café ce matin. L’épisode où Ross ne supporte pas que son fils joue avec une poupée ne vous suffisait pas ? Pensez à celui où il refuse d’engager un gardien d’enfants parfait en tout point parce que « c’est un homme ». Voilà qui suffit à convaincre. Ajoutons à cela sa tête de chien battu et son insécurité totale maquillée par un virilisme ridicule… Bim, vous obtenez la recette parfaite pour que j’ai envie de créer un club des gens qui détestent Ross. Trou du cul.


Chuck Bass de Gossip Girl

Certes, la série a bercé toute mon adolescence… Mais il m’est aujourd’hui presque impossible de la regarder sans être terriblement mal à l’aise. Gossip Girl nous a servi du rêve, des looks iconiques, mais surtout un tableau terrifiant de toutes les toxicités humaines. Parmi elles, le harcèlement scolaire en première ligne. Le tout en tentant de nous faire croire que tous les protagonistes ont entre 15 et 20 ans. Leur seules préoccupations ? Harceler, faire preuve du classisme le plus abjecte, forniquer comme dans un porno et siroter du champagne entre 2 rails de cocaïne.

Mais certains protagonistes sont plus infernaux que d’autres. Et dans la famille « Je fais souffrir les autres pour compenser l’absence d’amour que mes parents m’ont donné », je demande Chuck Bass. Dès le premier épisode, ses yeux plissés « mystérieux » le rendent insupportable. Ses « je suis Chuck Bass » nous donnent envie de l’écarteler (peut-être que ça lui fera ouvrir les yeux ?). Comme si tout cela ne suffisait pas, il a fallu que la série débute sur une tentative de viol. Chuck s’attaque à la plus jeune du groupe, Jenny. Agression dont plus personne ne reparlera, d’ailleurs. D’autant que Jenny finira par réellement coucher avec son agresseur quelques années plus tard. Bah oui, Chuck est tellement irrésistible que c’est qu’une question de temps, vous comprenez.

Dès le début de la série, Môsieur nous offre le tableau désolant de son adolescence toxique, et ne manque pas de saupoudrer tout ça de sexisme. Et la « femme de sa vie » sera la première à déguster. Après avoir couché avec elle pour la première fois, il la rejette sous prétexte qu’elle le dégoute depuis qu’elle n’est plus vierge. Tout le long des saisons, Blair et Chuck (qui sont tous deux des experts en matière de « se comporter comme un humain tout à fait minable ») vont entretenir une relation toxique et abusive qu’on essayera de nous vendre comme une passion romantique. La phrase « je suis Chuck Bass » résume par ailleurs assez bien le fil rouge de la production. L’idée d’une virilité suprême à qui l’on permet tout, parce qu’il est « beau et riche ». Trou du cul numéro 2.


Big de Sex and the city 

Sex and the City fait indéniablement partie des séries emblématiques qu’on ne se lasse pas de regarder. Il faut dire qu’elle est particulièrement pionnière tant elle s’attaque aux tabous de l’époque. Engagement qu’on doit beaucoup au personnage de Samantha. Carrie, quant à elle, n’est parfois pas la hauteur de son progressisme affiché. Il suffit de repenser à son dégout lorsque son date lui avoue ouvertement être bisexuel. Une scène qui véhicule le cliché de la bisexualité comme homosexualité déguisée. « Je ne suis même pas sûre que la bisexualité existe », martèle le personnage principal).

Mais nous ne sommes pas là pour taper sur Carrie, parlons plutôt de sa véritable âme soeur, Mr Big. Son grand amour n’est autre qu’un manipulateur qui a la manie de disparaître quand ça lui chante. Ses réapparitions sont loin d’être magiques ou preuves de leur destinée commune… Elles ne sont que les manifestations de son narcissisme. Il exerce une emprise telle sur Carrie qu’il l’isole de son cercle propre et lui provoque des déprimes sans nom.

Rappelons que dans le film, il ira jusqu’à l’abandonner avant leur mariage. On se demande comment elle a bien pu lui pardonner cet énième épisode. Ce que je retiens de cette scène, c’est le regard du Charlotte lorsque Big tente de s’excuser. Elle lui assène un « non » qui veut tout dire. Sans doute celui que toutes les spectatrices ont rêvé prononcer devant cette histoire nauséabonde. Un couple qu’on essaie de nous vendre comme un idéal. Non, je ne veux pas d’un Big dans ma vie, merci bien. 


Damon Salvatore de Vampire Diaries 

Vous n’avez pas idée à quel point il m’est difficile de critiquer ce type. Un véritable fantasme lors de la découverte de nos sexualités ! Et pourtant, il faut bien, car ce n’est pas pour rien qu’on nous vend une telle plastique. C’est tout simplement pour faire oublier à quel point Damon est l’archétype de la masculinité toxique. Il faut bien évidemment se transposer dans un monde surnaturel pour comprendre les reproches qu’on a à lui faire. Il tue par exemple tous les proches d’Elena (même son frère quoi, svp). Et il va surtout tenter toute la série de la façonner à son image.

Il ne cesse de lui faire oublier, grâce à son pouvoir de vampire, les moments vécus. Il les lui rappelle ensuite, quand il a besoin de passer pour le good guy. Rappelons un instant qu’il a quand même piqué la copine de son frère ? Parce que oui, Vampire Diaries nous sert le triangle amoureux classique. Une relation toxique qui oppose l’homme attentionné mais chiant à mourir, et le bad boy qu’on désire mais qui ne fait que nous décevoir.

Finalement, la série sort la carte de la magie pour expliquer l’attirance inéluctable entre Elena et Damon. Elle lui serait « asservie », puisque c’est lui qui l’a transformée en vampire. Elle doit donc tout faire pour satisfaire ses besoins *vomis*. On finit par tenter de nous faire croire que c’est un véritable amour, mais on n’est pas dupe. La connexion entre eux s’explique surtout par le fait que les acteurs étaient en couple dans la vraie vie. Au-delà de ça, il n’y a pas de quoi rêver d’une telle relation.


Brad de Sex/Life

Après avoir exploré les séries iconiques de notre adolescence, tournons-nous vers un succès plus récent. Les scénarios et castings de nos show favoris sont de plus en plus inclusifs et sans tabou… Mais certains continuent d’utiliser les bons vieux clichés toxiques décrits plus haut. La série Netflix Sex/Life en fait partie.

Il n’y a aucun personnage qui en rattrape un autre, mais le plus problématique de tous reste sans doute Brad. L’ex de Billie n’hésite pas à ressurgir dans sa vie alors qu’elle souhaite garder son équilibre. Pendant ce temps, il entretenait une relation avec sa meilleure amie et s’est même pendant l’acte à son insu. Et Billie regardait. Beurk.

Même lorsque Billie et Brad vivaient leur idylle tant regrettée, monsieur était loin d’incarner l’homme idéal. Émotionnellement indisponible, il faisait subir à Billie les pires crasses. On parle de ghosting, de pétages de plombs et d’objets cassés, ou de tromperie dès qu’il se sent dépassé. Il justifie tout cela à coup de daddy issues… Et le pire reste que l’héroïne le pardonne à tous les coups après un peu de psychanalyse de comptoir. Il a beau avoir un énorme pénis (comme le montre le troisième épisode de la série dans cette séquence sous la douche qui avait affolé la toile), il ne sera jamais plus imposant que son égo.