Des candidates dénoncent les méthodes douteuses et dérives sexistes des émissions de télé-réalité

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Depuis plusieurs années, l’émission « Les anges de la télé-réalité » bat des records d’audience. Ce mercredi, 3 actrices ont témoigné sur le plateau de Touche pas à mon poste pour dénoncer le harcèlement et les violences qu’elles ont vécues lors de l’émission, tant par d’autres candidats que par la production. 

Dérives sexistes

Que les émissions de télé-réalité ne soient pas un échantillon de ce que l’humanité a pu faire de meilleur, nous le savons tous·tes. Il semblerait pourtant que les dérives du divertissement prennent une tournure plus sérieuse, comme le racontent plusieurs actrices de l’émission « Les anges de la télé-réalité ». 

En mars 2020, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) pointait du doigt l’image sexiste des femmes véhiculée par ces émissions. « Les émissions de télé-réalité valorisent d’un côté l’hyperféminité des candidates et de l’autre l’ultramasculinité des candidats », constatent Brigitte Grésy, présidente du HCE, et Sylvie Pierre-Brossolette, ancienne du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et présidente de la commission Lutte contre les stéréotypes du HCE. 

Si le haut conseil a pris la peine de se pencher sur les dérives des « images » véhiculées par les actrices elle-même, il aurait peut-être mieux fait de se pencher sur le traitement sexiste des femmes émanant de la production. 

C’est sur le plateau de Touche pas à mon poste que 3 candidates révèlent les dérives de la production, présentes dès le casting. Nathanya a ainsi raconté l’histoire de son premier casting, à 18 ans. Le producteur l’interroge sur ses activités en cours, avant de lui demander “Et sinon, tu te rentres souvent des trucs ? (…) En gros il voulait savoir si je me rentrais des godes dans mon vagin.” À la suite de quoi, la jeune fille “très perturbée”, insulte le producteur et quitte les lieux, mais est quand même rappelée par la production qui a “adoré sa réaction”.

Rania Saidi et Nathanya Sion révèlent aussi avoir subi des pressions de la production pour se mettre en couple durant le tournage. Nathanya raconte alors qu’une productrice, voyant qu’elle ne souhaitait pas se mettre en couple, l’a interpellée par ces mots : « Tu fais un casting de salope et maintenant tu fais la prude ? ».

Désinhiber les participant·e·s…à tout prix

Les 3 candidates évoquent également la présence de cocaïne sur le tournage. Réclamée par certains candidats, la substance est tout simplement fournie par la production, en plus de l’alcool en grande quantité. 

Ce n’est pas la première fois que l’on murmure que ces productions fournissent de la drogue à leurs participant·e·s. En effet, ces méthodes douteuses s’inscriraient dans une stratégie de désinhibition, cherchant à capter des images toujours plus choc, toujours plus violentes. Tous trois auditionnés par le Haut-Conseil de l’égalité entre les femmes et les hommes, les groupes TF1, NRJ et M6 ont « affirmé veiller à éviter de recourir trop fréquemment aux clashs, et aux scènes violentes ou empreintes de stéréotypés sexués ». Sur papier…