La face cachée de Coachella

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Palm Springs a vibré ce week-end au rythme de Coachella. Et notre feed Instagram aussi… Plus qu’un festival, l’event devient un haut lieu de la mode, voire un véritable défilé pour les stars et les influenceurs. Mais l’appel au boycott se fait également entendre sur les réseaux à coup de #NOCHELLA, et In’fluence Mag t’explique pourquoi.

Chaque année, le festival accueille les plus grands noms de la musique pop, RnB et du rap américain. L’incontournable évènement a déjà reçu entre autres Beyonce, Rihanna, Ariana Grande, Lady Gaga et j’en passe.

Pourtant, ce n’est pas tant pour l’amour de la musique que par désir de « se montrer » que les festivaliers s’y retrouvent. Depuis quelques années, Coachella est littéralement devenu une Fashion Week festivalière où se rencontrent les plus grand.es influenceur.ses, ultra-looké.es, principalement présent.es pour briller. Comme d’habitude, je te propose de ne pas t’arrêter à cela et de creuser un peu les rouages de cet évènement…

Le fond : un PDG controversé

Première cause de son succès : l’évènement allie à la perfection les codes du divertissement 2.0. Les marques sont également au rendez-vous ; de véritables batailles à qui aura la meilleur pré- ou after-party se mettent en place. C’est à celui qui fera au plus hype, qui logera les meilleurs influenceurs, qui les couvrira du plus de cadeaux, dans le but qu’une de ces personnalités sélectionne leurs pièces le temps d’une story instagram ou d’une photo. 

Cette année, les participants pourront même commander immédiatement les objets de leurs désirs via Amazon et bénéficier d’une livraison express sur le lieu du festival. En véritable caricature de l’American Dream, tout est mis en place pour faire rimer consommation de masse avec profit. 

Pourtant, le festival peut, en cherchant bien, se révéler bien moins scintillant. Le chiffre d’affaires de chaque édition compte un nombre de zéros qui semble sans limite, leur visibilité sur les réseaux sociaux augmente chaque année.

Phil Anschutz, le visage derrière AEG, entreprise organisatrice du festival Coachella

La facette la plus pertinente et la moins visible du festival se trouve pourtant derrière le nom du patron : Phil Anschutz, milliardaire américain à la tête de tout un éventail d’entreprises allant des sociétés médicales aux compagnies pétrolières.  Issu de l’Amérique « Trumpienne », le PDG traine derrière lui tout un tas de soupçons moins on-fleek que les makeup des festivalières. Il est notamment membre des milieux fondamentalistes chrétiens (courant religieux affirmant que la bible rapporte les faits réels sur le monde et reniant le big-bang, l’évolution etc.).  L’homme d’affaire est accusé d’avoir injecté une somme d’argent considérable dans la campagne électorale de Trump et d’autres hommes politiques aux mêmes opinions, ainsi que dans des lobbys ultra-conservateurs, bataillant entre autres contre l’avortement et le mariage homo.

Ces faits ne sont pourtant pas secrets et chaque année, une poignée d’articles de presse dénoncent les agissements de Phil Anschutz, sans que jamais rien ne change ni que son profit ne baisse d’un centime. Lady Gaga, pourtant fervente combattante pour les droits de la communauté LGBT, a elle-même occupé une des scènes du festival. Il en va de même pour Ariana Grande, Beyonce et d’autres.

Coachella semble bénéficier d’un aveuglement général, l’excusant de tout. Et pour cause, ce ne serait pas moins de 4 millions de dollars qui seraient versés pour une représentation. Voilà qui peut être curieux à une ère où l’Amérique est pourtant profondément divisée entre ultra-conservateurs et démocrates. Cela fait maintenant quelques années qu’il est de « bon ton » de se revendiquer engagé et de poser des actes symboliques. 

L’image : le culte de soi

Plus visible mais pas moins critiquée : la culture des dictats autours du festival. 

Comme je te le disais au début de l’article, les festivaliers n’ont pas réellement l’air d’être présents pour s’amuser, mais bien pour se montrer. Et chaque année, ton feed Instagram se transforme en réseaux à la gloire de Coachella, cumulant les photos devant cette mythique grande roue, celles de bottes de cow-boy, de makeup parfaits, de bronzages nickels et surtout, de corps uniformisés. Parfois, cette avalanche de photos dépassant la perfection peut mettre un high-kick à ta confiance en toi. Et pourtant, sache que si elles ne sont pas retouchées, ces photos ne présentent que rarement des corps qui sont bien dans leur peau…

Une simple recherche sur Youtube « How to get ready for Coachella », te donnera une idée. En plus de la préparation des tenues et des makeup, ce sont véritablement des régimes stricts et des programmes alimentaires ultra-contrôlés que s’imposent certaines. Le but ? être « parfaite », et par parfaite nous entendons : comme les autres.

Les plus critiques y verront la caricature des caractéristiques de notre génération ultra connectée et imbue de sa personne. D’autres diront que, malgré cela, le festival propose une expérience unique à vivre une fois dans sa vie. Dans les deux cas, il serait absurde de se fermer à l’une ou l’autre conclusion et encore plus de fermer les yeux sur la réalité. Si le festival peut continuer son train de vie en or sans se voir dénoncé pour les actions de son PDG, c’est bien grâce à un effet de masse qui jette des paillettes dans les yeux des esprits critiques. Mais si une majorité garde les yeux ouverts, peut-être pourront nous rêver un jour d’une expérience unique qui brillera autant de face que de dos