La virginité en société, ou comment se culpabiliser par oppression sociale

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As-tu déjà vécu ce moment gênant, en société, quand arrive la question du nombre de partenaires sexuels au compteur ? Certains ont peur que leur chiffre soit trop grand, ou trop petit. Mon problème avec ces situations ? Je n’ai pas de chiffre. J’ai 24 ans, et je suis vierge, et je vais bien. Je te jure ! Seule la société a un problème avec ça. Je t’explique…

Sortons des clichés

Lorsqu’on est vierge à partir d’un certain âge, il faut se justifier. Les gens veulent savoir pourquoi, parce qu’évidemment si tu es vierge après 20 ans, c’est un choix ! Que ce soit pour des raisons religieuses, familiales ou autres, il faut une raison, c’est obligatoire.

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Dans mon cas, la virginité est juste un fait. Loin du cliché d’Andy Stitzer (lui, là, au-dessus), ce n’est pas mon combat au quotidien. Elle ne me définit pas, j’ai cessé de sacraliser cette « première fois » comme un but ultime. Je me laisse juste vivre, en découvrant ma sexualité différemment. Et en me focalisant sur des choses VRAIMENT plus importante (mes études, ma carrière, ma vie sociale, toussa toussa!).

La virginité en société

Cette virginité n’est pas pour moi un secret inavouable ou une honte, loin de là. J’en parle assez facilement autour de moi et la plupart de mes amis sont au courant sans que ça soit un tabou aucun. Tiens, tant que j’y suis, brisons un autre stéréotype, non je ne suis pas une prude qui refuse d’entendre parler de sexe ! C’est même une de mes discussions préférées en société (bon j’abuse peut-être un peu, mais tu vois l’idée). Ce que je veux dire par là c’est que parler de ma virginité n’a jamais été tabou ou gênant.

Par contre, il y a quelque semaines, lors d’une soirée où je ne connaissais littéralement personne (oui, oui, personne,…). L’un des types à table a décidé que parler de son nombre de partenaires sexuells serait un bon moyen de briser la glace (en soi, c’est pas complètement idiot). Prise de court et sans avoir vraiment eu le temps de réfléchir, je me retrouve en train de mentir et de m’inventer un nombre de conquêtes (ouais, ridicule, je sais,…).

Du coup, en rentrant chez moi, j’ai un peu psychoté dans la voiture. J’en suis arrivée à la conclusion que j’ai simplement voulu éviter les regards interloqués de l’assemblée. Si tu t’es déjà trouvé dans cette position à n’importe quel âge, tu comprendras tout de suite de quoi je parle. Tu deviens très vite le centre de l’attention et est assaillie de questions. Entre « Mais pourquoi ? » , « Comment c’est possible ?« , et je garde le meilleur pour la fin, les messages faussement condescendants du style… « Mais tu es attirante pourtant !« . Merci je sais, je ne suis pas en train de faire le procès de ma confiance en moi !

Comme je disais plus haut, les gens doivent absolument connaitre la raison de ce choix, « parce que, ben oui, c’est bizarre quand même, une jolie fille comme toi! »

Manifeste des 343 zarbis

Après cette anecdote, je me suis sentie mal et ridicule d’avoir menti alors que je suis la première à dire que c’est normal. Mais en fait, ce n’est pas à moi de me sentir mal, c’est la société qui doit revoir ses réactions contre des choses qu’elle considère comme « bizarres ». Plutôt que de demander pourquoi aux gens qui s’affirment « je suis gay« , « je suis bi », « je me préserve jusqu’au mariage », « j’ai eu XX partenaires », « je suis vierge », pourquoi ne pas juste dire OK, en discuter, puis passer à autre chose ? Comme on le ferait dans une conversation normale, parce que c’est normal en fait, rien de plus !

Et pour toutes celles pour qui la virginité reste un tabou un peu honteux, sors toi cette construction sociale de la tête. Tu n’as à te justifier à personne, ni à avoir honte d’être encore vierge. Cette honte, c’est la société qui te la fait ressentir. Pour en savoir plus, on t’invite à parcourir cet article de Delara, notre rédactrice inspirante et inspirée !