@labandedesgros, le compte qui dénonce la grossophobie dans les films et les séries

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« Je veux t’épouser coûte que coûte. Sauf si tu deviens énorme… » Un gag plus que courant dans la pop culture et dans bon nombre de nos séries et films cultes, auquel il faut arrêter de rire. Son véritable nom ? La grossophobie. 

De « Friends » à « How I Met Your Mother », en passant par « Lolita malgré moi », ces monuments de la pop culture supportent mal le passage sous la loupe militante. On a beau les adorer et avoir tant ri en les regardant, on ne peut pas ignorer leur côté problématique… Truffés de blagues sexistes, racistes et homophobes, ils peuvent parfois devenir insupportables à regarder. 

S’ils sont certes le reflet de leur époque, il ne tient qu’à nous de remettre en question leurs enseignements. Car c’est par la critique collective que nous pourrons parvenir à réduire leur impact sur l’imaginaire, et donc sur les comportements sociaux dans leur ensemble. 

Un petit détour : la grossophobie, c’est quoi?

Concrètement, la grossophobie réunit tous les comportements discriminants envers les personnes jugées grosses, du surpoids à l’obésité. Ces techniques associent au poids des préjugés et des stéréotypes rabaissants et stigmatisants, qui renforcent l’idée selon laquelle notre valeur est dictée par le nombre qu’indique notre balance, ou celui calculé par notre IMC.

On peut comprendre, par ces diverses blagues, remarques et injonctions, qu’une personne grosse est à fuir absolument dans toute relation amoureuse, ou encore que devenir gros est une menace qui plane sur chacun de nous pour nous exclure de la société. 

La grossophobie s’exprime de plusieurs manière. Au-delà de la moquerie, ou du choix systématique de personnes grosses pour interpréter des personnages bêtes, méchants ou des faire-valoir, il y a le phénomène de l’invisibilisation. Ces personnes ne sont que très peu présentes au cinéma ou dans nos séries préférées, voire même sont représentées via des déguisements moqueurs. Des scénarios entiers sont basés sur ces « fat suit », souvent volontairement laids et ratés, comme Big Mamma et autres joyeusetés. 

Une autre forme d’invisibilisation consiste à désigner comme étant grosse une personne qui ne l’est pas du tout : dans le film « DUFF », littéralement « Designated Ugly Fat Friend » (l’amie grosse qui sert de faire-valoir), l’actrice principale est non seulement loin d’être Ugly, mais surtout loin d’être Fat. Une étiquette mal placée qui donne tout simplement l’impression à toutes les femmes qu’elles sont grosses, ce qui est un sentiment largement partagé, même chez les celles qui sont, factuellement, minces.

Une partie de notre imaginaire collectif  

Le compte @labandedegros désigne deux manières de tourner en ridicule les personnes grosses dans les productions culturelles. La grossophobie « internalisée » et la grossophobie « pensée »

Dans le premier cas, la grossophobie qui se dégage du film, des personnages ou de leurs répliques émane des mentalités de ses producteurs. Elle est intrinsèque à la construction de l’oeuvre. Elle n’est donc pas mise en scène dans le but de critiquer cette stigmatisation, mais plutôt de l’utiliser à des fins humoristique (parce que se moquer du physique des gens, c’est ultra fun). 

« Qu’un méchant de film soit bête et gros n’est pas grossophobe en soi. Mais que les personnages gros de Disney soient systématiquement méchants et/ou bêtes et/ou faire-valoir, ça, c’est grossophobe. »

@labandedegros

Dans le deuxième cas, le scénariste, réalisateur et/ou autre producteur du film intègre volontairement de la grossophobie à son récit, et non de manière inconsciente. Souvent, elle est mise dans la bouche de personnages détestables. Cela sert à dénoncer la stigmatisation des personnes grosses et peut ainsi paraître positif. Seulement voilà : ces apparitions sont parfois subtiles, si bien qu’il est difficile de savoir où la moquerie pure et simple s’arrête pour que la critique commence. 

Qu’il s’agisse d’un recours comique ou d’une critique cinglante, la grossophobie est courante dans notre imaginaire collectif. Elle est porteuse de rejet, d’exclusion, et participe à une puissante et dangereuse diet culture. Lutter contre celle-ci commence par avoir conscience des blagues auxquelles nous rions et pouvoir les déconstruire.