Les jeunes, victimes collatérales de la crise sanitaire

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Aujourd’hui, le constat est tel : les jeunes sont les victimes collatérales de la crise sanitaire et des deux (trois ?) confinements qui en découlent. La solitude, le manque de contacts sociaux, l’absence de perspective, le décrochage scolaire, mais aussi le manque de rentrées financières… autant de conséquences directes ou indirectes de la pandémie que connaît encore actuellement notre pays et le monde entier, mais surtout ceux qui occuperont le marché de l’emploi demain.

Des centaines de mètres de files d’attente, des regards baissés, des jeunes qui attendent dans l’espoir de recevoir un colis alimentaire qui leur permettra de manger à leur faim pendant une semaine. Les images sont choquantes mais elles représentent la réalité d’aujourd’hui. Celle d’une Europe incapable de subvenir aux besoins de ses enfants. Celle d’étudiants qui doivent choisir entre des droits fondamentaux comme celui de se loger, de se chauffer ou de se nourrir.

« Avant, on envoyait les jeunes à la guerre et aujourd’hui, ils ne veulent pas porter de masque ». On l’entend régulièrement cette accusation, comme beaucoup d’autres. Cette obsession de vouloir diviser plusieurs générations, de traiter les uns de capricieux est déjà un fardeau lourd à porter pour des personnes qui souffrent tout autant de la crise.

En outre, cette jeune génération se voit pointée du doigt comme étant « le bouc émissaire » à l’origine de longs mois de confinements. La propagation du virus reposerait donc sur de jeunes épaules. Pourtant, cette génération est loin d’être la moins impactée. Parfois délaissée par un système d’éducation qui n’écoute pas les besoins de ceux qu’il éduque, détournée par un service social et malheureusement abandonnée par des parents qui n’ont pas les moyens financiers, elle se voit attaquée de plein fouets sur tous les fronts.

Pour beaucoup de personnes, le confinement représente un retour à soi, à de la détente, une réflexion personnelle et professionnelle. Mais cette vision des choses est loin de faire l’unanimité. Si rester chez soi est un rêve pour certains-e, pour d’autres, cela peut s’avérer un véritable cauchemar.

Les fermetures auxquelles ont été contraints les établissements horeca et autres disciplines dites « non-essentielles » ont plongé énormément de familles dans une situation financière précaire. Les jobistes en font partie. Ils habitent loin de leur famille, doivent payer un kot, des charges, des courses alimentaires et des études. Si leurs parents parviennent à payer une partie de leurs besoins, les jobs étudiants leur permettaient de manger à leur faim trois fois par jour, de se vêtir correctement ou de s’octroyer un plaisir ô combien nécessaire quand on est enfoui à longueur de journée dans des livres de cours, face à un écran qui fait office de nouvel amphithéâtre et accompagné des quatre murs de la chambre au lieu des camarades de classe.

Que l’on soit fraichement inscrit-e aux études supérieures, fraîchement diplômé-e à la recherche de l’emploi de nos rêves ou jeune travailleur-se célibataire, le-la jeune du 21e siècle a un besoin fondamental de relations sociales, a soif de rencontres et est avide de nouveautés.

La situation actuelle ne nous permet ni de faire des rencontres, ni de sortir et faire jeunesse, ni de s’imaginer des perspectives d’avenir. Ajouté aux problèmes financiers, il résulte de cette crise angoisses, anxiétés et, dans le pire des cas, dépression. Si vous avez pu éviter ces effets négatifs au premier confinement, le deuxième ne vous a sûrement pas loupés. La méconnaissance de la fin de cette crise ne permet, effectivement pas de mettre un terme à ces craintes grimpantes. Les angoisses entrainant angoisses, le serpent se mord la queue.

Les aides financières

Si tu te reconnais dans les phrases écrites ci-dessous, nous te proposons, dans cet article, quelques aides qui, nous l’espérons, pourront te soulager pendant ces jours difficiles.

  • Contacte le service social de ta fac ou de ton école supérieur. Si tu ne rentrais pas dans les conditions au préalable, la crise sanitaire a changé la donne et les critères d’admission pour de nombreux services sociaux.
  • Si tu vis en Belgique, sache que les CPAS (Centre Public d’Aide Sociale) ont reçu une grande enveloppe du gouvernement pour venir en aide aux personnes impactées par la crise. Tu n’as pas besoin d’être allocataire social-e, toute personne dans le besoin peut s’y rendre et effectuer une demande.
  • Pour la Belgique, rends-toi dans une des épiceries solidaires de l’association pour la solidarité en Belgique (ASEB) qui distribue des colis alimentaires dans son épicerie solidaire. Clique ici, pour son site internet et ici pour sa page Facebook. A Liège, le restaurant  » En Ville et les copains » propose, avec l’aide de l’échevinal de la Jeunesse, des repas végétariens à un euro, à emporter. Les étudiant-e-s peuvent en obtenir deux par semaine.
  • Pour nos lecteurs français : tous les étudiants bénéficient de repas (au nombre de deux par jour) à un euro dans les restaurants universitaires, cette mesure n’est plus réservée aux étudiants boursiers.  Le gouvernement a également renforcé les aides apportées aux jeunes, notamment une aide de 150 euros mensuels accordée aux étudiants boursiers et bénéficiaires de l’Aide Personnalisée au Logement (étendue à 45 000 autres jeunes de moins de 25 ans). Les aides du gouvernement français sont à retrouver sur le site officiel.
  • Allez voir dans diverses associations comme la Croix-Rouge, les Restos du Coeur, etc, pour bénéficier de colis alimentaires. N’ayez pas honte de cette situation, elle est temporaire, ce n’est pas de votre faute, vous êtes dans votre droit de demander des conditions de vie digne. Pour la Belgique, consultez ce répertoire.

Et puisque les problèmes financiers (si le confinement ne suffisait pas) ont énormément d’impact sur notre mental, voici nos conseils pour ne pas tomber dans la dépression, ou du moins, diminuer ses effets :

Maintiens le lien social

Heureusement – si l’on peut dire ainsi – ce deuxième confinement, en Belgique du moins, est moins restrictif que le premier. Les sorties sont autorisées. Ce qui permet tout de même de sortir prendre l’air, faire du sport, croiser des personnes dans la rue et même donner rendez-vous à des amis – les rassemblements étant autorisés à quatre personnes maximum. N’hésitez pas, tout en respectant les gestes « barrière », à prendre l’air aux côtés de vos proches. Si vous êtes dans l’impossibilité de vous déplacer, gardez le contact à distance (merci la technologie).

Ne garde pas ton mal-être pour toi

Il est possible que tu te sentes mal, que tu aies des inquiétudes, que tu doutes de toi, de ton avenir, de plein de choses. Ne garde pas ton mal-être pour toi, parles-en autour de toi, à un ami, à un parent, à un collègue, à n’importe qui mais ne t’isole surtout pas. Si tu ne souhaites pas en parler à quelqu’un que tu connais, des lignes d’écoute sont à ta disposition. Si tu vis en Belgique, de nombreux numéros en fonction de ta demande ont été répertoriés sur le site officiel du coronavirus, en cliquant ici. Pour la France, les numéros sont disponibles ici.

Occupe-toi et sois créatif

Tu as sûrement binge-watché une dizaine de séries, trié tous tes vêtements trois fois et essayé toutes les recettes de ta grand-mère. Mais si tu ne veux pas sombrer dans l’ennui et, par la suite, dans la dépression, c’est essentiel que tu puisses te distraire, occuper tes journées et penser à autre chose. Regarde des séries/films, lis des livres, écoute des podcasts, cuisine des plats, range tes placards/encombrants, trie tes photos, bricole, tricote, écris un blog, joue à un jeu, dessine, rempote tes plantes, médite, prends soin de toi ! Et si tu n’as pas envie de faire tout cela tous les jours, ce n’est pas grave, repose-toi, chille et lève-toi de plus belle le lendemain.

Eloigne-toi des écrans

Eteins ce journal télévisé, ne lis pas les commentaires sous les articles liés au Covid, et, par pitié, évite de regarder les films/séries déprimants. C’est important de se tenir au courant de l’actualité et des mesures qui changent régulièrement mais tu as tout à fait le droit de prendre tes distances avec l’actualité négative. On te déconseille surtout de regarder un certain documentaire d’une durée de près de 3 heures évoquant complot mondial et autres histoires. Regarder toute la journée les nouvelles à la télé ou devant ton pc va non seulement te donner mal à la tête et aux yeux, t’empêcher de dormir mais aussi t’angoisser un peu plus. Analyser les chiffres grimpants de l’épidémie tous les jours ne va pas faire de toi quelqu’un de plus consciencieux. Pense à ta santé mentale avant tout. Crée-toi un petit rituel, éteins les écrans à partir d’une certaine heure, focalise-toi sur autre chose, et désactive tes notifications si nécessaire.

Reconnecte-toi à la nature

Si tu vis en ville, c’est en effet plus compliqué. Si tu ne bénéficies pas de campagnes aux alentours, privilégie les parcs. Marche, cours, danse. Mais dans tous les cas, bouge ! Si tu restes à la maison toute la journée, tu vas vite tourner en rond. En dépensant zéro énergie sur ta journée, ton corps va très vite s’affaiblir et tu risques de passer de longues nuits faites d’insomnies. Il est donc primordial de garder un certain équilibre physique pour garantir ton équilibre mental.

Reste zen

Mais surtout, dis-toi que ça ne va pas durer, la situation est temporaire, ça va aller mieux, tiens le coup et pense à ta santé mentale. La positivité ne tue pas et dans notre cas, elle peut même sauver. Aie confiance en toi et en ta force, et pour le reste, reste zen !

N.B. Cet article est centré sur la situation des jeunes pendant la crise sanitaire. Il ne fait aucune comparaison avec d’autres victimes de la crise comme les malades, le personnel soignant ou les nombreux employeurs et travailleurs qui ont souffert de la pandémie, directement ou indirectement.